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Ma première chansonnette !

Oyez, bonnes gens !

Voilà, je vous l'avoue, je... J'ai tenté de tâter du micro. Je vous livre donc en pâture ma première petite chansonnette, composée et jouée au piano par Paulot, écrite et chantée par votre serviteuse.

Soyez indulgents, c'est ma première expérience musicale, et j'ai encore beaaaaucoup de progrès à faire !

...Et comme je suis un peu naze avec dotclear, je ne sais pas comment intégrer le lecteur Soundcloud, du coup, si vous voulez l'entendre, il faut cliquer là !

Retour à la normale

...Avec une petite note "J'aime / J'aime pas".

Bisous.

L'actualité, tout ça

Bonjour, lecteurs de ce blog qui venez encore voir si ça vit.

Suite aux derniers événements, qui me touchent particulièrement fort, je n'ai pas réagi via ce blog mais directement sur celui du Psikopat. Au vu des circonstances, ça me paraît nettement approprié. Les gars de Charlie étaient des potes et des collaborateurs, et outre le fait qu'en tant que journal de dessins de presse plus ou moins corrosifs, on ne peut que se sentir concernés directement par cet inqualifiable carnage, j'ai une pensée particulièrement émue pour Tignous, qui était un ami de la famille de longue date, et dont les sourires et la gentillesse m'habitent encore comme si je l'avais vu hier (alors que ça fait bien 8 berges que je l'ai pas croisé..). Et je pense aussi avec beaucoup d'émotion aux survivants de ce drame qui auront fort à faire pour remettre de l'ordre dans leur tête après tout ça.

Bref, sur le blog du Psiko, c'est pas moi qui dessine, mais je compile les meilleurs hommages de mes potes, en une série de notes dont je n'ai publié que la première. 

Bon, remarquez, tant que je suis là à écrire, je peux bien vous parler de mon expérience avec ceux de Charlie !

J'ai commencé à bosser au Psiko en sortant du Lycée Autogéré de Paris, à 19 ans, après une formation en alternance à l'école des journalistes (CFJ). En 1998 j'avais rejoins l'équipe de l'époque en bonne et dûe forme pour une place de secrétaire de rédaction. Sous cette appellation relativement brumeuse, se cachait un nombre d'activités diverses et variées assez énorme ; ça allait de la gestion de la VPC, pliage de tee-shirts et autres mailings postaux interminables, au boulot d'attachée de presse, en passant par la rédaction de la rubrique de chroniques musicales, la correction ou la gestion du club des correspondants, la maintenance informatique ou encore le suivi de la production des films chez le flasheur (corps de métier aujourd'hui disparu - j'ai une pensée émue pour tous ces gars et leurs machines ultra coûteuse qui se sont retrouvés du jour au lendemain à devoir changer de secteur...).

Bref, quand je suis arrivée au Psiko, c'était sous l'égide de Marika, gérante à l'époque, épouse de Charb. C'est elle qui m'a appris le métier et ses diverses facettes, elle qui m'a formée alors que j'étais encore hyper immature, à peine dégrossie de la scolarité et des trips douteux de l'adolescence. Elle, et mon père, Carali, créateur du journal et rédacteur en chef, bien évidemment. À l'époque, Charb, Luz, Tignous et de nombreuses autres signatures Charliesques n'étaient pas encore des signatures Charliesques mais Psikopatesques. L'ambiance était terrible, hyper festive, potache, les Angoulêmes de ces années-là sont restés d'anthologie, gravés dans ma mémoire au fer rouge ; dignes héritiers de l'ancienne ambiance déjantée d'Hara-Kiri, la joyeuse troupe n'avait de cesse de se haranguer, s'envoyer des boulettes de papier dans la tronche en dédicace ou des cuillères de purée au resto. De sales gosses indisciplinés et joyeux. Avec Dom-dom et Marika, on organisait les bouclages et festivals dans une ambiance de colonie de vacances sans les monos. Le travail au quotidien était certes plus calme, mais riche, en pensées, en émotions, en enseignements...

Puis. Puis Dom-dom est parti. Puis l'ambiance à commencé à pourrir. Je percevais sans pouvoir la nommer, cette tension qui séparait Paul et Marika. Je ne rentrerai pas dans les détails parce que ça n'a pas d'importance, mais le ver était dans le fruit, Marika me faisait un peu peur tant elle était sévère et elle avait réussi à instaurer une véritable ambiance de bureau un peu morne là où, encore quelques mois auparavant et depuis sa création, les murs du local résonnaient des échos de gens qui s'amusent vraiment, tout le temps.

Le mystère des relations humaines étant parfois impénétrable, deux personnes qui ne s'entendaient plus, cela eut de l'influence sur tout le fonctionnement du magazine pendant quelques mois. Dans ces conditions de dégradation, soit le journal s'arrêtait, soit il fallait de grands changements pour lui permettre de continuer. Marika est partie, elle est allée fonder sa boite d'édition (bichro), tandis que Charb emportait avec lui ses potes (et en particulier Luz) pour rejoindre l'équipe de Charlie Hebdo.

Je me retrouvais seule avec mon père pour assurer le fonctionnement de la rédaction. C'est toujours le cas... 15 ans après :)

À la suite de ce petit historique commun, nous nous croisions souvent avec les Charlie, en festivals, dans des événements culturels... Petit à petit je me suis détachée de mon rôle dans le psiko pour fréquenter ces lieux en tant que dessinatrice moi-même. Les rapports entretenus avec nos anciens collaborateurs étaient fluctuants, mais toujours plaisants ; après tout, on fait tous partie de la même famille. Tignous, lui, continua à collaborer avec nous, avec Fluide et avec Charlie, sans prise de position aucune. Quand il a commençé à bosser aussi pour Marianne et le canard enchaîné, forcément, il a été moins présent dans nos pages, mais toujours, à chaque festival, à chaque événement, bouclage de fluide ou autre où j'étais présente, toujours le sourire, toujours content de me voir et chaleureux.

Putain ils vont vraiment me manquer ces cons. Alors que depuis ma retraite tarnaise, j'avais perdu tout contact... Mais, voir leurs bonnes bouilles régulièrement par réseaux sociaux ou autres interposés, ben ça me rassurait. Ça me faisait penser que ces années de folie n'étaient pas mortes, quand le psiko organisait de grands bouclages avinés, qui finissaient en boeuf musical jusqu'aux confins de la nuit... Quand je fumais ma clope en ouvrant le stand du psiko à Angoulème, après 4h de sommeil, bientôt rejointe par les auteurs qui de temps en temps terminaient leur nuit sous la table contre les réserves de livres...

Bref. Pour en finir avec une tristesse, qui, au-delà de son aspect symbolique, m'étreint absurdement alors que je ne faisais pourtant pas partie de leurs cercles intimes, par respect pour la tristesse réelle de leur entourage direct, j'avais envie d'écrire ce petit texte et de passer à autre chose. Je pense à leurs familles avec beaucoup d'empathie, et par respect pour leur peine je vais cesser de parler de la mienne qui me semble déplacée. Je pense énormément à ceux qui ont vécu le drame et s'en sont sortis, et tout particulièrement à Coco qui est une de nos collaboratrices les plus assidues depuis quelques années et qui a eu le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Et je souhaite à Charlie de, non seulement continuer leur publication, mais de "profiter" du fait que ces événements ont fait prendre conscience à beaucoup de Français qui délaissaient la presse satirique qu'on a besoin d'eux pour continuer.

Alors n'hésitez pas à vous abonner, et au Psikopat aussi tant qu'à faire ! je vous mets même le petit lien qui va bien là, hop : la boutique du psiko

J'aime bien #1

Musique et grenouilles

L'Halloween c'est bien rigolo, ça oui !

Cette année, pour Halloween, l'association des parents d'élèves m'a demandé de lire un conte aux enfants durant leur parcours aux bonbons.

Avec Reno on s'est pas mal défoncés pour que tout s'y prête : ambiance, déco, son, effets spéciaux, costumes...

En cherchant sur le net un conte horrifique qui le fasse bien, comme sans doute un paquets d'autres gens, je me suis rendue compte que y avait que du caca pourri ; histoires mal écrites, trop longues ou pas adaptées, voire carrément brèves façon article de fait-divers, rien ne convenait.

Alors j'ai écrit un truc, sur la base d'une histoire de ma mère. J'ai testé, ça a plutôt bien fonctionné auprès des mômes, du coup je me suis dit que ce serait pas mal de la mettre en ligne, histoire que d'autres parents puissent en profiter éventuellement (attention hein, à lire avec les formes, on n'est pas des bêtes) :



La petite fille au bonnet blanc

C’était un village majestueux, aux remparts millénaires, aux ruelles tortueuses et au panorama irréel.

Puycelsi, petit bijou sur sa colline, dominant la vallée et les forêts environnantes, n’était pas qu’un ravissement pour ses visiteurs et ses habitants. Car on disait le lieu hanté.

Une légende prétendait que, certaines nuits, lorsque la lune était pleine et laiteuse, on pouvait apercevoir, marchant le long des remparts, une petite fille au bonnet blanc, ces bonnets de grand-mère que l’on peut voir sur les gravures anciennes. Une petite silhouette blanche, noyée dans le brouillard qui s’abattait souvent sur la petite cité, la nuit venue…

C’est ici même, sur la place du Fus, qu’un beau matin débarqua la famille Delamarre. Le père, Georges, la mère, Denise, et la petite Madeleine, une enfant chétive au grands yeux bleus, avaient décidé de quitter la grand ville pour s’installer dans cette maison ancienne, au cœur de ce village charmant parsemé de ses roses trémières.

En nettoyant la cave, Georges Delamarre avait déniché un coffre tout poussiéreux contenant une antique dinette en porcelaine finement ciselée, ainsi qu’une poupée au charme désuet. Madeleine tomba immédiatement amoureuse de la petite figurine au sourire délicat, à la peau subtilement rosée, aux yeux ourlés de cils qui se fermaient quand on la couchait.

Jusqu'au soir, Madeleine va bercer ce poupon d'un autre âge dans l'odeur des roses et les bourdonnements d'abeilles.

Le crépuscule descend, posant un voile bleu sur le paysage. La fillette n'en a cure. Perdue dans son rêve, elle se raconte mille histoires merveilleuses, tout en cajolant son amie de cire. Puis vient la nuit, scintillante d'étoiles. Bien que soit largement dépassée l'heure du coucher, Madeleine est toujours là. Ses parents, occupés par l’emménagement, l'ont un peu oubliée, et il fait si doux, dehors...

Petit à petit, la place commence à se couvrir d’un tapis vaporeux. Mais la petite fille ne remarque rien, toute à son jeu.

Soudain, dans la ruelle déserte, elle voit passer quelqu'un. Une silhouette blanche, longeant le muret, qui semble flotter plus qu'elle ne marche. Intriguée, elle se lève, s'approche. « Chouette, une copine ! » se dit Madeleine. Elle hèle l'inconnue qui, pour autant qu'elle puisse en juger à la clarté blème de la lune, a presque son âge.

Mais l’inconnue ne lui répond pas et continue son chemin.

« Elle ne m’a pas entendue » se dit Madeleine, l’appelant de nouveau. Seul un sanglot discret lui parvient, porté par la brise. Madeleine, touchée par cette tristesse inattendue, décide de suivre la petite silhouette. Peut-être est elle perdue, peut-être cherche t’elle ses parents ? Elle appelle à nouveau : « Hé ! Attends ! Je vais t’aider si tu veux, ne pleure pas ! ».

Soudain, la silhouette fait volte-face, et s’approche en un clignement d’œil de la petite Madeleine. Traversée d’un sentiment de panique, elle réalise alors l’étrangeté de la situation. La petite fille, blanche de la tête aux pieds, ne repose pas sur le sol, elle s’est déplacée sans bruits, et se trouve maintenant face à elle. L’expression torturée, l’apparition hulule :

« RENDS-MOI MA POUPÉE ! »

Terrifiée, Madeleine prend ses jambes à son cou, elle ne court pas, elle vole littéralement, aveuglée par des larmes de peur. Elle fuit, fuit, et finit par s’arrêter, figée, au cœur de la ruelle la plus sombre du village. Serrant le poupon contre elle, plongée dans l’obscurité la plus totale, elle n’entend plus que les battements de son cœur. Poum-poum. Poum-poum.

Tout s’est passé si vite, que Madeleine à présent n’est plus si sûre de la réalité des choses. Elle se rend toutefois compte qu’elle est complètement perdue…

« RENDS-MOI MA POUPÉE ! »

Le cri lui a littéralement fait exploser le cœur. Le fantôme est là, devant elle, ses yeux sans pupilles plongés dans ceux, larmoyants, de Madeleine. Cette dernière se redresse d’un bond avant de filer à toutes jambes pour échapper à cette vision de cauchemar…

Sa course folle la conduit au cimetière, en bas du village. La pauvre petite, essouflée, terrorisée, se recroqueville derrière un tombeau. Le brouillard est si dense qu’elle ne voit plus ses propres pieds, et un froid surnaturel se saisit d’elle. Tremblante, elle sent la présence furtive du spectre qui erre entre les tombes en geignant

« rends-moi ma poupée… rends-moi ma poupée… »

C’est là que Madeleine comprend. À ses pieds, pour autant de ce qu’elle aperçoit dans le brouillard cotonneux, se trouve une pauvre tombe que personne ne fleurit plus depuis bien longtemps. « Laurette Argenteau, morte à 9 ans le 31 octobre 1923 », lit-elle. Un médaillon attire l’attention de la jeune fille : une photo pâlie, représentant un visage souriant. Celui du fantôme…

Alors, Madeleine dépose la poupée auprès du portrait. L’apparition, soudain, semble sereine, et, lentement, se dirige vers sa pierre tombale avant de disparaître dans le sol, emportant avec elle son brouillard fantômatique…


Bestiaire étrange

(Si la vidéo n'apparaît pas, cliquez ici !)

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